Joseph Gorgoni: «C’est drôle d’être encore là»
19 octobre 2026 | Lecture 4 min.
«Quand j’étais danseur, au début de ma carrière dans les années 1990, j’ai habité à la rue de Carouge. Et il y avait Caritas juste en face. J’ai acheté mes premiers meubles et des vêtements dans ses boutiques. Cela m’a bien rendu service. Ensuite, quand j’ai mieux gagné ma vie, je leur ai donné beaucoup de choses.
Je suis issu d’un milieu très populaire, mon papa était ouvrier. Il venait d’Italie et était arrivé en Suisse en 1963. Ma maman était d’origine suisse, neuchâteloise. Elle était maîtresse de maison. Je n’ai pas connu la pauvreté, mais nous n’étions pas riches. J’ai eu des années de galère quand j’étais à Paris pour danser, mais je n’ai jamais été à la rue, je n’ai pas eu faim. J’ai toujours ri. Ça m’a sauvé de tout, je crois.
J’ai eu des années de galère quand j’étais à Paris pour danser, mais je n’ai jamais été à la rue, je n’ai pas eu faim.
Je ne pensais pas à ma santé jusqu’à ce que je tombe malade. Je toussais beaucoup. Je suis allé voir mon médecin, puis un pneumologue. Très rapidement, on m’a dit que je devais être transplanté des deux poumons : un coup de massue. Heureusement, j’ai pu le faire quelques mois plus tard. J’ai eu l’impression d’être un peu la créature de Frankenstein, mais vraiment, les médecins qui m’ont soigné sont incroyables. On se rend compte de la chance qu’on a d’être en Suisse, d’avoir cette possibilité de connaître un second souffle, même s’il semble que l’on aille vers une médecine à deux vitesses.
Il semble que l’on aille vers une médecine à deux vitesses.
Quand on m’a dit que je ne pourrais plus remonter sur scène, j’ai pensé: on verra bien! J’ai l’esprit de contradiction. Si on décide de le faire, rien n’est impossible. C’est important d’avoir des projets. D’avoir un métier qui nous plaît. Je pense que cela aide beaucoup. J’aurais été très malheureux, mort peut-être, si je n’avais pas pu remonter sur scène. Pour moi le secret, s’il y en a un, est d’avoir un but. J’ai voulu créer un spectacle qui parlerait de mon histoire.
Puis, j’ai encore eu le covid. Un problème de rejet, etc. Tout cela me donnera l’occasion de faire un deuxième spectacle. C’est drôle d’avoir traversé tout ça et d’être encore là… J’ai beaucoup ri de moi, notamment avec les soignantes et soignants, et je ris beaucoup en voyant les autres que j’observe discrètement et dont je m’inspire.
Il y a une dimension particulière dans le fait d’avoir été si mal et de s’en être sorti. Un exemple de résilience.
J’ai toujours eu des gens autour de moi qui m’ont aidé. Je n’ai jamais été seul. Quand on n’a personne autour de soi qui peut faire en sorte que ça aille mieux, c’est terrible. La grande pauvreté, pour moi, c’est la solitude. J’ai vieilli avec cette histoire, enfin grandi plutôt. Il y a une dimension particulière dans le fait d’avoir été si mal et de s’en être sorti. Un exemple de résilience. Lors du spectacle Transplanté, c’est comme si le public applaudissait le fait que je sois vivant.»
BIO EXPRESS
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Naissance à Genève le 10 mai
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Danseur et chanteur dans la comédie musicale Cats à Paris
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Créé avec Pierre Naftule, le personnage de Marie-Thérèse Porchet naît dans l’édition 1993 de La Revue genevoise
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La truie est en moi! est le premier spectacle de Marie-Thérèse Porchet. Elle fera plusieurs one woman shows, dont le célèbre Soleil en 2005 ou un spectacle entièrement écrit en Bääärnndüüütsch en 2007
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Marie-Thérèse fait son cirque avec Knie lors de cinq tournées (2001, 2004, 2010, 2018 et 2025)
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Revient en force avec son nouveau spectacle, Transplanté
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Roméo/Juliette, une comédie musicale «drôle»
Cet article est paru dans le «Caritas.mag». Le magazine des organisations Caritas régionales paraît deux fois par an.
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