10.09.2026

Communiqué de presse - Votation du 27 septembre : une question de cohésion sociale, avant d'être une question fiscale

Le 27 septembre prochain, le corps électoral vaudois se prononcera sur l'initiative « Baisse d'impôts pour tous », qui propose de réduire de 12 % l'impôt cantonal sur le revenu et sur la fortune. Caritas Vaud prend position dans ce débat non pas au nom d'un intérêt purement corporatiste, mais Caritas souhaite rappeler ce que les chiffres disent de la répartition réelle de cette réforme — et ce qu'elle signifie pour la cohésion sociale du canton.
Selon les estimations du Conseil d'État, l'acceptation de l'initiative priverait le canton de 272 millions de francs de recettes fiscales par année. Sur ce montant, environ 100 millions de francs proviennent de la seule baisse de l'impôt sur la fortune, le solde — quelque 172 millions— relevant de l'impôt sur le revenu.

Or ces deux volets ne touchent pas les Vaudoises et les Vaudois de la même manière. Seule une minorité du corps électoral déclare une fortune imposable: selon les chiffres de l'administration fiscale cantonale relayés par la presse, environ 30 % des contribuables vaudois possèdent une fortune imposable. Les 70 % restants ne verront donc aucun effet du volet « fortune » de l'initiative, qui représente pourtant plus d'un tiers de son coût.
S’appuyant sur ces mêmes données de l’administration fiscale cantonale, Caritas Vaud souligne que 85 % de la baisse de cet impôt profiterait aux 10 % les plus riches, qui détiennent déjà plus des trois quarts de la fortune totale. 

Une question d'éthique sociale
Ce constat n'est pas un jugement partisan sur l'opportunité de baisser les impôts en général — le canton a d'ailleurs déjà voté en décembre 2024 une baisse de 7 % de l'impôt sur le revenu, qui entre en vigueur dès 2027 indépendamment du sort de cette votation. C'est un rappel de ce qu'implique, concrètement, une baisse indifférenciée touchant à la fois le revenu et la fortune : dans un canton où la richesse est aussi concentrée, elle ne peut pas bénéficier « à tous » de manière comparable. Elle profite d'abord, et très largement, à un petit nombre. 
Or les moyens que l'État choisit de ne pas prélever aujourd'hui — jusqu'à 272 millions de francs par an — sont aussi les moyens qu'il n'aura pas, demain, pour financer la santé, le social, la formation ou l'aide aux personnes les plus vulnérables : celles-là même pour qui la solidarité collective reste le seul filet de sécurité, avec l'appui d'institutions comme Caritas Vaud, souligne Mme Béatrice Métraux, Présidente.

Caritas Vaud invite la population et les autorités à se poser une question simple avant le 27 septembre : une réforme fiscale dont l'essentiel du volet « fortune » profite à moins d'un dixième des contribuables est-elle compatible avec l'exigence de cohésion sociale à laquelle notre canton tient ?