CarteCulture : un pass pour rendre accessible les événements culturels et divertissements aux personnes à petit budget
La culture constitue un aspect important et social de nos vies. Elle peut faire du bien à l’esprit ou au corps, créer des rencontres et aussi se ressourcer sans penser à tous les tracas du quotidien. Cependant, elle demeure un privilège en raison des barrières économiques. C'est dans ce contexte que la CarteCulture prend tout son sens et devient un levier important pour faciliter l’accès à la culture qui est parfois réservé aux personnes qui n’ont pas de soucis financiers.
Texte : Céline Hostettler
Qu'est-ce que la CarteCulture ?
La CarteCulture est destinée aux personnes à petit budget et plus précisément aux bénéficiaires d’un subside ordinaire à l’assurance maladie ou détentrices d’un permis S ou F. Elle est gratuite et offre des rabais - voire des billets gratuits - auprès de plus de 4'000 partenaires de la CarteCulture en Suisse, et est disponible sur le téléphone ainsi qu’en format papier. Les partenariats développés pour les bénéficiaires CarteCulture proposent des activités telles que musées, théâtres, concerts, cinémas, librairies, expositions, de bien-être ou encore des formations. Cette même carte permet également aux bénéficiaires de se rendre dans n’importe quelle Epicerie Caritas et pouvoir ainsi faire leurs courses à petit prix.
En 2025, la distribution de nourriture et de produits d’hygiène a augmenté de 49 % par rapport à la période pré‑Covid.
Notre centrale alimentaire de la région lausannoise, très sollicitée pendant la pandémie, connaît ces dernières années une croissance continue de son activité. Alors qu’elle distribuait 548 tonnes de nourriture avant 2020, ce volume a dépassé les 800 tonnes en 2025. Grâce à la centrale, et à la quarantaine d’associations partenaires près de 12'000 personnes sont aidées par semaine.
« Le nombre de tonnes distribuées au moment du covid n’est pas redescendu après la pandémie. Les associations demandent de plus en plus de denrées en fonction des besoins sur le terrain. Nous en donnons davantage quand nous le pouvons mais nous dépendons nous-mêmes à 90% de dons. » commente José Munoz, Responsable de la centrale alimentaire. L’augmentation continue des besoins est également une conséquence de la guerre en Ukraine en 2022. Sans oublier l’augmentation des charges telles que les primes maladie, les loyers ou les charges locatives) qui pèsent de plus en plus lourd dans le budget des ménages.
228’320 actes d’achat dans nos quatre Epiceries en 2025
Cette hausse des besoins s'observe aussi dans nos Epiceries Caritas. : +109% par rapport à 2020. Le type de bénéficiaires a évolué, se souvient Ricardo, gérant de l’Epicerie de Lausanne à ce moment-là : « De plus en plus de jeunes ayant perdu leur emploi ont commencé à venir à l’Epicerie Caritas. La hausse du coût de la vie a également obligé de nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi précaire, à accepter l’idée de venir faire leurs courses dans notre Epicerie Caritas. »
À noter que la pandémie a mis en lumière la précarité en Suisse. Les longues files d’attente à Genève pour obtenir un cabas alimentaire, ainsi que celles qui se formaient devant nos épiceries à cause des restrictions de confinement et du nombre limité de clients ont fortement été médiatisés Cette visibilité accrue sur la précarité dans notre pays a aidé à lever la stigmatisation liée à la demande d’aide, ce qui a permis à de nombreuses personnes de franchir le pas et d’accéder à nos prestations.
Des demandes d’aide plus fréquentes dans notre mentorat Tout compte fait
En plus de l’aide alimentaire, les demandes d’accompagnement à la gestion administrative via notre mentorat Tout Compte Fait ont également augmenté,
En 2025, 114 personnes ont suivi un accompagnement bénévole via le mentorat Tout Compte Fait contre 60 en 2019, soit près du double : « Avant, les personnes nous contactaient suite à un événement de vie qui venait bousculer leur budget (rupture, divorce, problème de santé etc.). Depuis la fin de la pandémie, pas mal de personnes nous contactent même sans changement de situation de vie, car leur budget est de plus en plus serré. Beaucoup de personnes ont été précarisées pendant et suite au covid. » Estelle, coordinatrice Tout Compte Fait.
Le nombre de demandes pour un suivi Tout Compte Fait a clairement explosé et nous a contraint à avoir entre 3 et 4 mois d’attente pour la mise en place d’un suivi post covid.
L’après pandémie
Un phénomène transversal se confirme : de plus en plus de foyers n’arrivent plus à joindre les deux bouts, bien que la pandémie soit derrière nous. Et dans ce contexte déjà tendu, un autre constat s’impose : malgré la persistance de la précarité, certains soutiens financiers se sont amenuisés depuis la fin de la pandémie.
Comme le rappelle Joëlle Jungo, Responsable fundraising & communication :
« La pandémie a contribué à révéler la précarité existante. La médiatisation de nombreuses personnes en difficulté, a mis en lumière une réalité jusque-là largement invisibilisée. À l’époque, nous avons bénéficié de grands élans de générosité de la part de nombreux ménages et institutions, qui se sont quelque peu essoufflés, mais les besoins eux ne diminuent pas ! »
Aujourd’hui, alors que les besoins continuent de croître, notre action sur le terrain demeure essentielle. Chaque accompagnement, chaque don, peu importe le montant, permet d’éviter que des personnes basculent dans la pauvreté. Pour y répondre, nous avons besoin d’un soutien tout aussi durable. Notre travail est essentiel — et votre aide l’est tout autant.
Si vous souhaitez apporter votre aide dans le canton de Vaud, retrouvez notre article Agir ici: 7 façons concrètes de soutenir les personnes démunies dans le canton de Vaud